
J’ai écrit quelques essais dans les domaines de la psychologie, des relations humaines. J’ai même taquiné la philosophie et la politique dans certains des ouvrages publiés. Et puis l’envie de transmettre sous cette forme plus ou moins académique qu’est l’essai, s’est peu à peu émoussée. La fiction semble peu à peu s’imposer dans mon œuvre d’écriture. Raconter des histoires, donner vie et la parole à des personnages, cela motive davantage mon envie de transmettre car cela sollicite mieux mon imaginaire. A titre personnel, j’adore qu’on me raconte des histoires. Mais c’est aussi par calcul que je devine que les idées passent plus efficacement dans une chanson que dans une conférence, dans un conte que dans un cours magistral. C’est donc aussi par soucis d’efficience que j’opte pour l’allègement, voire la suppression, des théories, au profit de l’empirisme des personnages et de la narration. Flirter avec la sagesse populaire n’empêche en rien de puiser dans celle des penseurs, qu’à tort ou à raison on qualifie de grands. Quand la théorie éclaire la pratique, elle a sa raison d’être. La pensée peut aider à vivre. Des milliards de pensées nous pourrissent la vie aussi. Alors il convient d’apprendre à penser afin de choisir en conscience les pensées les plus pertinentes, en l’occurrence celles qui génèrent en nous un alignement du corps et de l’âme. Et me voilà à nouveau plus théoricien que conteur. Et pourquoi pas ? Me laisser surprendre, encore et toujours...
Depuis ces années où j’ai quelque peu délaissé le développement personnel comme source d’inspiration littéraire, il m’arrive parfois de dire que s’il y a un sujet pour lequel je serais éventuellement prêt à publier un nouvel essai, c’est autour de cette question de faire face à l’imprévu. Vivre dans l’incertitude est une grande source d’angoisse pour la plupart des humains. En ce début de 21ème siècle, vivre dans l’incertitude n’est plus un choix d’aventurier, c’est une obligation anxiogène pour huit milliards d’humains. Et c’est un euphémisme de dire que nous n’y sommes guère préparés.
Me laisser surprendre aujourd’hui, cela pourrait prendre la forme d’un engagement à produire cet écrit auquel je pense depuis quelques années. Mais pourquoi sous la forme d’un essai ? Cette lente évolution qui me pousse plutôt vers la fiction, pourquoi ne pas la mettre au service de ce beau sujet de résilience ? Certes, je réaffirme que l’essai est une forme a priori plutôt austère mais je crois bien que je vais me laisser surprendre et porter par cette idée de publier un nouvel essai. D’une part parce que j’ai toujours eu à cœur d’écrire avec un ton léger, voire humoristique. Et puis aussi pour une raison stratégique. Je constate depuis longtemps que mes chances d’être publié en tant que romancier sont faibles. En revanche, je suppose que ma petite notoriété littéraire dans le domaine du bien-être augmente sensiblement la probabilité de toucher un public plus large.
La carte n°39 du jeu de l’Ouverture est la plus récente sur laquelle je me suis amusé à écrire. L’été dernier, j’étais loin d’imaginer que ce jeu me conduirait à la rédaction d’un livre. Le joli pont de bois de la carte « Relier » m’a inspiré un roman. Il est actuellement entre les mains des éditeurs. Je m’en remets à plus grand que moi, inch’allah. La carte n°26 m’invite maintenant à me laisser éclabousser, à ne pas faire la gueule parce qu’on m’a fait une farce d’un goût discutable. Allez, je prends l’eau et j’en souris. Je me mouille, je m’engage dans la rédaction de ce nouveau livre. Le titre sera probablement à négocier avec l’éditeur. Celui qui me vient me semble a priori satisfaisant : « Vivre sereinement dans l’incertitude ».